vendredi 13 avril 2018


Eglises préromanes et romanes précoces de l’Eure et de la Seine-Maritime


Saint-Martin à Condé-sur-Risle (Département de l’Eure).






Nicolas Wasylyszyn
Ingénieur du Patrimoine
Unité Départementale d’Architecture et du Patrimoine de l’Eure – DRAC de Normandie
Membre du Centre de recherches archéologiques  et historiques anciennes et médiévales
Centre Michel De Boüard, UMR 6273 (CNRS/Université de Caen Normandie)


lundi 9 avril 2018


Églises préromanes et romanes précoces de l’Eure et de la Seine-Maritime


Église Saint-Christophe à Reuilly (Département de l’Eure)
Une église du Xe siècle.





dimanche 7 janvier 2018

L’église de la Sainte-Trinité à la Trinité-de-Thouberville :L’apport de l’Archéologie du bâti

L’église de la Sainte Trinité à la Trinité-de-Thouberville est un édifice cultuel paroissial situé légèrement  à l’écart de cette petite commune de la partie orientale du Roumois. Ce bâtiment religieux mérite une attention toute particulière pour sa qualité architecturale et pour ses différentes phases de construction. En effet, certaines parties de cette église remontent certainement à l’aube de l’An Mil.

Pourtant, elle n’a pas jusqu’alors retenue l’attention des historiens de l’Art et des archéologues du bâti. D’ailleurs, elle était mentionnée comme étant une construction du XIIe siècle notamment dans le dossier de protection au titre des Monument Historique (arrêté préfectoral du 8 avril 1971).

La seule étude menée sur ce bâtiment a été réalisée par Marie Caron, architecte du Patrimoine à l’initiative de la municipalité de la Trinité-de-Thouberville qui avait été contrainte de fermer cette église en 2007 alors que cet édifice menaçait de s’effondrer. Par la suite, ce bâtiment a bénéficié entre 2011 et 2014 d’une restauration de bonne qualité qui permet encore de bien voir les différentes phases de construction et de remaniements.




samedi 6 janvier 2018

Eglise Saint-Rémi à Bézu-Saint-Eloi



L’église Saint-Rémi à Bézu-Saint-Eloi (canton de Gisors) n’a pas retenu, jusqu’alors, l’attention des historiens de l’art et des archéologues du bâti.

En effet, cet édifice est situé dans un environnement ingrat en bordure de la route départementale 148 : Gisors-Rouen. Par ailleurs, ce bâtiment a été pour le moins fort remanié, voire défiguré, aux XVIIIe et XIXe siècles.

Pourtant, cette église mérite une attention toute particulière tant pour l’histoire du site de Bézu-Saint-Eloi que pour l’architecture, notamment au niveau de ses parties les plus anciennes.

Tout d’abord, le toponyme de Bézu-Saint-Eloi remonte au haut Moyen Age. Par ailleurs, la nef de cette église a vraisemblablement été construite à l’aube de l’an Mil.




Eglise Saint-Rémi à Bézu Saint-Eloi.

vendredi 27 janvier 2017

Inventaire et observations sur les églises
Romanes précoces de l’Eure
(Xe-XIe siècles).


L’architecture romane précoce a depuis longtemps retenu l’attention de nombreux historiens de l’art et archéologues qui ont défini les critères remarquables de ces édifices (1). Récemment, les travaux de Jacques Le Maho et Jim Morganstern (2) sur l’église de Saint-Pierre de Jumièges ont permis d’avancer sur ce sujet en reculant la date d’édification de ce monument du XIe au IXe siècle. Ces recherches sur l’architecture et l’art préroman sont menées également en Bourgogne, en Champagne et dans les Pays de Loire sous la direction de Christian Sapin (3).

En 1997, un pré-inventaire des édifices dédiés à Saint-Martin, réalisé dans le cadre du XVIe centenaire de ce saint, avait mis en valeur le caractère précoce de plusieurs églises par rapport aux canons de l’architecture de la seconde moitié du XIe siècle (4). Sur les bases de ce premier travail, un inventaire plus large a été réalisé sur les églises présentant des archaïsmes architecturaux en Haute-Normandie et notamment dans l’Eure. Dans ce département, ce corpus regroupe actuellement cinquante-quatre, identifiées comme romanes précoces.

L’une des problématiques de cette étude est la question de la datation. Jusqu’à une date récente, les édifices concernés étaient classés comme indatables ou comme ayant été construits vers la seconde moitié du XIe siècle, voir au début du XIIe siècle. Certains historiens de l’art y voyaient un archaïsme rural. Or, de recherches récentes menées en Bourgogne et dans les Pays de Loire ont montré que des bâtiments cultuels comparables avaient été édifiés durant la seconde moitié du Xe siècle et les premières décennies du XIe siècle. Ces datations ont été possibles grâce à des éléments organiques retrouvés dans les mortiers et qui ont été datés par radiocarbone.

Les caractéristiques architecturales des églises romanes précoces.

L’appareillage des maçonneries de ces églises est généralement constitué d’un petit appareillage de silex ou de moellons calcaires. Ces matériaux sont souvent disposés en opus spicatum comme les églises Saint-Martin à Civières (canton d’Ecos, Eure) et Saint-Chistophe à Reuilly (canton d’Evreux II, Eure). Dans quelques cas, on observe des appareillages en opus vittatum avec des pastoureaux ou petits moellons calcaires comme à l’église Saint-Pierre à Courdemanche (canton de Verneuil-sur-Avre, Eure) et à l’église Saint-Georges à Quessigny (canton de Saint-André de l’Eure, Eure), avec parfois des alternances de lits de briques comme les églises Saint-Martin à Condé-sur-Risle (canton de Pont-Audemer, Eure), Notre-Dame-d’outre-l’Eau à Rugles (canton de Breteuil, Eure), Saint-Martin à Coudray-en-Vexin (canton de Gisors, Eure) et Saint-Georges à Saint-Georges-Motel (canton de Saint-André-de-l’Eure, Eure).


Eglise Saint-Martin 
à Neaufles-Saint-Martin
(Canton de Gisors - Département de l'Eure).


Eglise Saint-Martin à Neaufles-Saint-Martin (Canton de Gisors - Département de l'Eure). Cet édifice cultuel bien que très remanié comporte encore quelques éléments intéressants d'architecture romane précoce et notamment une porte dans le mur sud de la nef dont les caractéristiques semblent plus carolingiennes que romanes. 

Cette église est principalement édifiée en opus spicatum et ne comporte malgré sa taille aucun contrefort. 

Les fenêtrés à petit claveaux fins sans pierre d'appui à la base sont également très intéressantes. Elles ressemblent aux ouvertures que l'on retrouve dans les édifices carolingiens ou romans précoces qui ont été édifiées entre le IXe et les premières années du XIe siècle.



Eglise Saint-Sylvestre
à Saint-Sylvestre-de-Cormeilles 
  Canton de Beuzeville - Département de l'Eure).


Cet édifice religieux a conservé des traces importantes d'architecture romane précoce. L'intérêt de cette église est notamment ses maçonneries constituées d'une alternance d'appareillage en opus spicatum et de petites pierres de tailles disposées horizontalement.

A noter la présence de petites fenêtres à petits claveaux fins ou à linteaux monolithes gravés.

Cette église fut lourdement remaniée au XVIe siècle et à l'époque moderne avec l'apport de contreforts et de fenêtres plus larges.

Un petit regret concernant les joints qui ont été refaits récemment et qui masquent une partie des détails architecturaux.